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1 avril 2025

Règlement (UE) 2023/1230 et révision d’ISO 12100 : obligations, évolutions et enjeux pour les industriels

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Règlement (UE) 2023/1230 et révision d’ISO 12100 : obligations, évolutions et enjeux pour les industriels

Le nouveau Règlement Machines 2023/1230 : champ d’application, obligations et innovations

Le Règlement (UE) 2023/1230 « sur les machines » a été adopté le 14 juin 2023 et publié au Journal officiel de l’UE le 29 juin 2023. Il remplacera l’actuelle Directive Machines 2006/42/CE et s’appliquera de manière obligatoire à partir du 20 janvier 2027. Contrairement à une directive, ce règlement est d’effet direct dans tous les États membres, sans transposition en droit national nécessaire. Une période transitoire d’environ 3 ans et demi est prévue : les machines mises sur le marché jusqu’au 19 janvier 2027 restent soumises à la directive existante, tandis que celles placées sur le marché à compter du 20 janvier 2027 devront satisfaire aux exigences du nouveau règlement.

Champ d’application clarifié : Le nouveau texte clarifie et étend certaines définitions (par ex. « machine », « machine mobile autonome », « quasi-machine », « fabricant », « importateur », « distributeur », etc.) afin de lever les ambiguïtés de l’ancienne directive. Le champ couvre toujours les machines, les quasi-machines et les « produits connexes » (catégorie englobant notamment les composants de sécurité, équipements interchangeables, accessoires de levage, chaînes, câbles, etc., qui étaient auparavant considérés comme des « machines » au sens large). L’approche par « produits connexes » harmonise la terminologie et évite la double utilisation confuse du terme machine.

Intégration des technologies émergentes : L’un des objectifs majeurs est de mettre à jour les exigences de sécurité face aux évolutions technologiques. Le règlement intègre explicitement les nouveaux risques liés aux technologies numériques et émergentes, tels que les robots collaboratifs, l’intelligence artificielle ou la cybersécurité. Par exemple, un logiciel exerçant une fonction de sécurité est dorénavant considéré comme un composant de sécurité à part entière lorsqu’il est mis sur le marché séparément, ce qui le soumet aux obligations du règlement. De même, une machine physiquement incomplète qui nécessite seulement le téléchargement d’un logiciel pour fonctionner est désormais traitée comme une machine à part entière aux fins de la conformité. Le règlement ajuste également certaines exigences traditionnelles de sécurité pour tenir compte des connaissances accumulées (par ex. risques liés aux substances dangereuses émises par les machines, aux vibrations des équipements portatifs, aux lignes électriques proches, etc.).

Ergonomie et facteur humain : grande avancée, le texte met l’accent sur l’ergonomie dans la conception des machines. Il exige que les équipements soient conçus de manière à éliminer ou minimiser la gêne, la fatigue et les contraintes physiques ou mentales pour l’opérateur, en évitant notamment de lui imposer des postures de travail pénibles ou des efforts excessifs. Ce point renforce la protection de la santé des travailleurs sur le long terme (TMS, stress…) en inscrivant les principes ergonomiques au cœur des exigences essentielles.

Obligations des acteurs économiques : Les devoirs respectifs des fabricants, importateurs et distributeurs sont détaillés avec plus de précision qu’auparavant, chacun étant responsable à son niveau de la conformité et de la sécurité des machines qu’il fabrique ou met sur le marché. Le fabricant demeure au centre du processus (conception conforme aux exigences et procédures de conformité), mais l’importateur doit s’assurer que la machine qu’il introduit dans l’UE est conforme, et le distributeur doit veiller à ne pas fournir de machine non conforme. Ces obligations « miroir » le long de la chaîne d’approvisionnement renforcent la responsabilisation de chaque acteur.

Modification substantielle : Une nouveauté importante concerne les machines qui sont modifiées après leur mise sur le marché. En effet, il est fréquent que les utilisateurs finaux adaptent ou combinent des machines pour leurs besoins de production, ce qui peut engendrer des dangers non prévus à l’origine. Le règlement définit désormais la modification substantielle d’une machine : toute modification, physique ou numérique, non planifiée par le fabricant et susceptible de créer un danger nouveau ou d’augmenter un risque existant. La personne (physique ou morale) qui réalise une telle modification est juridiquement considérée comme un fabricant du produit modifié. Elle doit donc assumer toutes les obligations correspondantes, notamment réévaluer la conformité de la machine modifiée et établir une nouvelle documentation technique et une nouvelle déclaration de conformité le cas échéant. Cette disposition évite qu’une transformation significative d’une machine ne laisse une zone grise en matière de responsabilité. (À noter que les opérations de maintenance ou de réparation standard qui ne changent pas la sécurité de la machine ne sont pas considérées comme des modifications substantielles et n’entraînent pas ces obligations supplémentaires.)

Documentation numérique

Le règlement apporte une évolution très attendue concernant les notices et la documentation fournie avec les machines. Il autorise désormais la fourniture des instructions sous format numérique (par exemple manuels téléchargeables en ligne) en lieu et place du papier, sous certaines conditions visant à garantir l’accessibilité de l’information et les droits de l’utilisateur.

Concrètement, si la notice d’instructions est fournie électroniquement, le fabricant doit indiquer clairement sur la machine (ou son emballage) comment y accéder, et s’assurer que le format numérique permette à l’utilisateur de télécharger et d’imprimer la notice. Les instructions doivent rester disponibles en ligne pendant toute la durée de vie prévue de la machine, et au minimum 10 ans après sa mise sur le marché.

Par ailleurs, sur simple demande de l’acheteur au moment de l’achat, le fabricant est tenu de fournir gratuitement une version papier de la notice dans un délai d’un mois. Enfin, si la machine est destinée aux non-professionnels (ou susceptible d’être utilisée par le grand public), le règlement exige que les informations de sécurité essentielles pour l’installation et l’utilisation en sécurité soient fournies sur support papier d’emblée.

Ces mesures concilient la modernisation de la documentation (réduction du papier, mise à jour facilitée) avec la nécessité de ne pas pénaliser les utilisateurs finaux qui souhaitent ou nécessitent un support papier. Il s’agit d’une avancée notable par rapport à l’ancienne directive, qui implicitement imposait des manuels papier pour les aspects de sécurité.

Évaluation de la conformité et catégories de machines

Le processus d’évaluation de la conformité des machines reste globalement similaire (marquage CE fondé sur le respect des exigences essentielles de santé et de sécurité et, dans la majorité des cas, autoévaluation par le fabricant sur la base d’un contrôle interne de la production). Toutefois, le règlement revoit la classification des machines à haut risque (celles qui, en raison de leur dangerosité, nécessitent une certification tierce dans le cadre de l’ancienne « annexe IV » de la directive).

Désormais, l’annexe I du règlement dresse la liste de ces catégories de machines ou produits connexes présentant des risques élevés, en les répartissant en deux groupes :

  • Annexe I – Partie A : catégories de machines pour lesquelles l’évaluation de la conformité doit impérativement être réalisée par un organisme notifié, même si le fabricant applique intégralement une norme harmonisée couvrant toutes les exigences pertinentes. Autrement dit, pour ces machines critiques, la voie de l’auto-certification est fermée : une tierce partie indépendante (organisme notifié) devra intervenir systématiquement. Le règlement prévoit trois procédures possibles dans ce cas (modules d’évaluation de conformité) : examen UE de type, assurance complète de la qualité, ou vérification à l’unité.
  • Annexe I – Partie B : catégories de machines pour lesquelles une évaluation par organisme notifié n’est requise qu’en l’absence de normes harmonisées couvrant toutes les exigences pertinentes. Si le fabricant conçoit et fabrique la machine en appliquant pleinement une norme harmonisée ou une spécification commune couvrant l’ensemble des exigences applicables, il peut continuer à procéder à une autoévaluation (contrôle interne de production). En revanche, si de telles normes n’existent pas ou ne sont pas utilisées, l’intervention d’un organisme notifié devient obligatoire, via l’une des trois procédures précitées (examen de type, assurance qualité ou vérification à l’unité).

Cette nouvelle structuration en deux parties remplace la notion précédente de « machines de l’annexe IV ». Notons que la “vérification à l’unité” est introduite comme procédure nouvelle : elle vise à certifier des machines unitaires ou prototypes non fabriqués en série. Cela permettra, par exemple, de faire certifier un exemplaire unique de machine spécialement conçu, sans exiger un processus de type examen UE de type qui serait disproportionné pour une pièce unique.

En résumé, pour les fabricants, cela signifie que certaines machines qui pouvaient auparavant être auto certifiée devront dorénavant passer entre les mains d’un organisme notifié avant mise sur le marché, ce qui implique d’anticiper ce processus (délais, coûts) dans les projets.

Autres innovations notables

Parmi les multiples ajustements qu’apporte le règlement, on peut citer également la simplification de la déclaration UE de conformité (il suffira d’inclure dans la notice l’adresse internet ou un code QR menant à la déclaration, au lieu d’intégrer celle-ci en intégralité dans la notice).

De plus, les exigences essentielles de sécurité ont été enrichies sur des points précis : par exemple, la nécessité de prévoir des moyens de secours immédiat et en douceur des personnes éventuellement coincées dans une machine est désormais explicitement requise. De même, il est mentionné que la machine ne doit pas seulement préserver la santé et la sécurité des personnes, mais aussi ne pas porter atteinte à la sécurité des animaux domestiques, des biens et de l’environnement.

Cet élargissement souligne la tendance à une approche plus globale de la sécurité. Le règlement incite donc les fabricants à intégrer dès la conception des préoccupations comme la protection de l’environnement (par ex. éviter les émissions polluantes ou fuites nuisibles), ce qui fait écho à d’autres législations récentes (économie circulaire, développement durable, etc.).

Dates clés du calendrier officiel

Pour récapituler les échéances liées à l’entrée en vigueur du règlement, voici un aperçu synthétique :

Date Événement
14 juin 2023 Adoption formelle du Règlement (UE) 2023/1230 par le Parlement européen et le Conseil
29 juin 2023 Publication du règlement au Journal Officiel de l’Union européenne
19 juillet 2023 Entrée en vigueur juridique du règlement (20 jours après sa publication) – début de la période transitoire
4 juillet 2023 Publication d’un rectificatif au JOUE, ajustant certaines dates ; la date d’application principale est corrigée au 20 janvier 2027 (au lieu du 14 janvier)
14 octobre 2023 Application anticipée de l’article 50(1) du règlement (mise en place du comité d’experts pour le suivi du règlement)
14 janvier 2024 Application anticipée des articles 26 à 42 relatifs aux organismes notifiés et à la normalisation
20 janvier 2025 Mandat de normalisation M/579 de la Commission européenne confié au CEN/CENELEC pour élaborer les normes harmonisées couvrant les nouvelles exigences du règlement
Décembre 2026 Objectif visé par la Commission : publication au JOUE de la liste complète des normes harmonisées présumant de la conformité au nouveau règlement
20 janvier 2027 Fin de la transition : abrogation de la Directive 2006/42/CE et application obligatoire du Règlement 2023/1230 pour toute machine mise sur le marché dans l’UE

Ce tableau illustre que le déploiement du règlement est déjà en marche. Les fabricants de machines disposent certes d’une ultime échéance en janvier 2027, mais ils peuvent et doivent dès à présent s’y préparer activement. Le temps de transition doit être mis à profit pour intégrer les nouvelles obligations (techniques et administratives) dans les processus internes.

ISO 12100 : une mise à jour imminente pour s’aligner sur les nouvelles exigences

Parallèlement au changement de réglementation, les normes harmonisées supportant la conformité évoluent elles aussi. En particulier, la norme internationale ISO 12100 (sécurité des machines – Principes généraux de conception – Appréciation et réduction du risque), pilier central de la démarche de réduction des risques machines, est en cours de révision approfondie. Cette norme de type A fourni la méthode générale pour réaliser l’analyse de risques d’une machine (identification des phénomènes dangereux, estimation des risques, mise en place de mesures de réduction selon les trois étapes : intrinsèque, dispositifs de protection, information) et déterminer si le risque résiduel est acceptable. Elle est souvent décrite comme « la porte d’entrée de l’analyse des risques » pour toutes les catégories de machines, servant de base à l’application des normes de type B et C plus spécifiques. La version actuelle date de 2010, et il était nécessaire de la mettre à jour afin de prendre en compte les changements apportés par le nouveau Règlement Machines.

Révision en cours : Les travaux de révision de l’ISO 12100 ont officiellement débuté. En 2023–2024, le projet a avancé jusqu’en phase de Comité (CD), avec une consultation des organismes nationaux qui s’est clôturée en mars 2025. Selon le calendrier prévisionnel, la progression vers une nouvelle édition publiée d’ici 2025–2026 est en bonne voie. Pour référence, lors de la précédente révision (2008–2010), environ deux ans s’étaient écoulés entre le stade de comité et la publication. Si un rythme similaire est suivi, la nouvelle ISO 12100 devrait voir le jour vers mi-2026.

Importamment, l’adoption européenne de cette norme est également planifiée. En effet, la Commission européenne a émis un mandat de normalisation demandant la révision ou l’élaboration de normes harmonisées couvrant les exigences nouvelles ou modifiées du règlement 2023/1230. Dans ce mandat, la toute première priorité identifiée est l’existence de normes “horizontales” pour la sécurité des machines – rôle dévolu à ISO 12100 en tant que seule norme de type A du domaine. La date limite fixée à CEN/CENELEC pour adopter la nouvelle EN ISO 12100 harmonisée est le 20 janvier 2026, soit exactement un an avant l’entrée en application du règlement. Autrement dit, les autorités visent à ce que la version révisée d’ISO 12100 (avec le suffixe « :2025 » ou « :2026 ») soit prête et harmonisée suffisamment tôt pour servir de référence aux fabricants préparant la conformité de leurs machines en 2027.

Alignement avec les exigences européennes : Quelles évolutions attendre de la nouvelle ISO 12100 ? Sans préjuger du contenu final, les premiers éléments issus des comités de rédaction indiquent une mise à jour substantielle pour couvrir les sujets émergents introduits par le Règlement Machines. Le domaine d’application de la norme va être complété par un paragraphe traitant de la cybersécurité, de la manipulation des données (fraude, hacking) et de l’intelligence artificielle/apprentissage automatique. En d’autres termes, la norme donnera des lignes directrices sur la prise en compte des systèmes à comportement évolutif (auto-adaptatif) dans l’appréciation des risques. De plus, les aspects d’hygiène sont désormais explicitement considérés comme pertinents pour la sécurité des machines (par ex. machines destinées à l’agroalimentaire ou au médical, qui doivent éviter de créer des risques microbiologiques).

On peut s’attendre à un renforcement des considérations d’ergonomie dans l’évaluation des risques. Les facteurs ergonomiques (postures, efforts, charges cognitives) influençant la sécurité feront l’objet d’une attention accrue, conformément aux exigences du règlement et aux recommandations du rapport technique ISO/TR 22100-3:2016 (qui traitait de l’intégration des principes ergonomiques dans la sécurité des machines). En pratique, cela signifie qu’un fabricant devra encore mieux prendre en compte l’adaptation de la machine à l’homme dès la phase de conception (hauteur des commandes, réduction du bruit et des vibrations, prévention des postures contraignantes, etc.).

La révision introduit également de nouveaux termes et définitions cohérents avec le règlement : par exemple la notion de risque acceptable fera son apparition, ainsi que la définition de la cybersécurité appliquée aux machines. À l’inverse, certains termes devenus obsolètes ou trop spécifiques pourraient être supprimés ou simplifiés.

Sur le plan méthodologique, les principes fondamentaux de la gestion du risque resteront inchangés (la célèbre figure de l’approche itérative en trois étapes de réduction du risque sera conservée). En revanche, certaines sections seront étoffées pour clarifier le rôle de la sécurité fonctionnelle et des systèmes de commande dans la réduction du risque. Une nouvelle annexe devrait expliquer l’articulation entre ISO 12100 et la norme ISO 13849-1 (sécurité des systèmes de commande), afin d’illustrer comment intégrer l’évaluation de la fiabilité des fonctions de sécurité au processus global de réduction des risques.

Notons par ailleurs que l’ISO 12100 révisée compte adresser la question de l’étendue des dommages considérés. Alors que jusqu’à présent la norme (et la directive) se focalisaient essentiellement sur la prévention des blessures des personnes, la future norme mentionnera explicitement que la démarche d’appréciation des risques peut viser aussi à éviter les atteintes aux animaux domestiques, aux biens ou à l’environnement lorsque cela est pertinent. Cette évolution s’aligne sur le libellé du nouveau règlement qui, comme vu précédemment, inclut la protection de ces éléments dans les objectifs de sécurité.

Enfin, la section relative aux informations pour l’utilisation (manuels) sera mise en cohérence avec la possibilité de documentation numérique. Une note dans le projet de norme indiquerait que les instructions fournies sous forme électronique devront respecter les exigences de la norme ISO 20607 (relative au contenu et à la présentation des manuels d’instructions). Cette mention renforce l’idée que la digitalisation des notices doit se faire sans perte de qualité ni de pérennité de l’information pour l’utilisateur.

En résumé, la future ISO 12100 version 2025/2026 servira de cadre modernisé pour réaliser des analyses de risques conformes aux attentes du nouveau règlement. Son adoption en tant que norme harmonisée offrira, comme actuellement, une présomption de conformité pour la partie “réduction du risque” des exigences essentielles. Les fabricants de machines auront tout intérêt à appliquer cette nouvelle norme dès sa publication : elle leur fournira un guide à jour intégrant les notions de cybersécurité, d’IA, d’environnement, etc., et garantira que leur démarche de sécurité reste « à l’état de l’art ». D’ici là, la version 2010 d’ISO 12100 reste applicable et valide, mais chacun doit se tenir prêt à adapter ses pratiques dès l’arrivée de la nouvelle édition.

Impacts concrets pour les fabricants de machines et d’équipements

Face à ces évolutions réglementaires et normatives, quels seront les impacts pratiques pour les industriels concepteurs ou fabricants de machines ? Voici les principaux changements à anticiper :

  • Certification tierce partie pour certaines machines : Comme détaillé plus haut, un plus grand nombre de machines devront faire l’objet d’une évaluation de conformité par organisme notifié. Les catégories listées en Annexe I Partie A (par ex. certains dispositifs de transmission mécaniques, les machines portatives à charge explosive de type pistolets de scellement, certaines machines intégrant de l’IA pour des fonctions de sécurité, etc.) ne pourront plus être auto certifiée par le fabricant. Concrètement, si vous fabriquez une machine entrant dans ces catégories à haut risque, vous devrez prévoir une démarche de certification (examen UE de type ou audit de votre assurance qualité, etc.) auprès d’un organisme notifié compétent. Même pour les machines de la Partie B, une certification tierce sera requise si vous ne suivez pas intégralement une norme harmonisée couvrant toutes les exigences pertinentes. Impact : les cycles de développement produit devront intégrer le temps et le coût de cette évaluation externe. Il faudra peut-être démarrer plus tôt les contacts avec un organisme notifié, réunir un dossier technique plus formel, et adapter les prototypes pour les essais ou inspections tierces. Les petites entreprises en particulier devront monter en compétences sur ces processus de certification ou se faire accompagner.
  • Renforcement de la conception « safety by design » et de l’analyse de risques : Le principe de démarche d’appréciation et de réduction des risques demeure plus que jamais d’actualité. Les fabricants devront s’assurer que leurs méthodes d’analyse de risques couvrent les nouveaux aspects (risques liés aux logiciels, aux connexions réseau, à l’IA embarquée, etc.). Par exemple, si votre machine intègre un logiciel évolutif (pouvant être mis à jour à distance ou apprendre de son environnement), votre analyse de risques devra considérer les scénarios de défaillances logicielles ou de cyberattaque pouvant compromettre la sécurité. De même, il faudra évaluer les risques sur l’ensemble du cycle de vie prévu de la machine, y compris les phases de maintenance logicielle ou d’évolution de ses fonctions avec différents niveaux d’autonomie. Impact : potentiellement, la grille d’analyse de risques s’élargit et devient plus complexe. Les fabricants devront peut-être faire appel à de nouvelles compétences (spécialistes en cybersécurité industrielle, experts en IA) lors de la conception sécuritaire. L’ISO 12100 révisée, lorsqu’elle sera disponible, aidera à formaliser ces nouveaux points. D’ici là, il convient d’actualiser vos méthodes internes d’analyse de risques en intégrant ces préoccupations émergentes.
  • Documentation technique et instructions : La possibilité de fournir la notice en format numérique offre de la flexibilité, mais s’accompagne d’obligations concrètes. Les fabricants doivent mettre en place une infrastructure pour héberger durablement les notices en ligne (pendant au moins la durée de vie du produit + 10 ans) et un système pour fournir une version papier sur demande dans chaque pays de commercialisation. Impact : vous pourrez sans doute réaliser des économies en réduisant l’impression systématique de milliers de pages de manuels, mais assurez-vous d’avoir les ressources pour gérer efficacement les demandes de copies papier et maintenir l’accessibilité numérique (site web à jour, liens ou QR codes apposés sur la machine, etc.). Par ailleurs, toute la documentation technique (dossier de conception, analyses, certifications, etc.) devra être conservée au moins 10 ans par le fabricant, comme auparavant. Les nouvelles exigences pouvant nécessiter des documents supplémentaires (par ex. résultats d’évaluation de cybersécurité), il est conseillé de mettre à jour vos modèles de dossiers techniques pour ne rien oublier. En outre, l’obligation pour les fabricants d’indiquer une personne établie dans l’UE responsable de la conformité (nom et adresse à fournir avec la machine) reste en vigueur et s’applique y compris aux vendeurs en ligne – un point à ne pas négliger pour les exportateurs hors UE.
  • Exigences de sûreté logicielle et connectée : Le règlement 2023/1230 introduit clairement la notion que la sécurité des machines inclut la sécurité numérique (cybersecurity). Par exemple, une machine doit être conçue de façon que les influences extérieures (y compris cyber) ne puissent pas compromettre son fonctionnement sûr. De plus, si la machine est connectée, les communications ou mises à jour ne doivent pas introduire de risques non maîtrisés. Impact : attendez-vous à devoir intégrer des mesures de cybersécurité dans vos machines connectées : chiffrement ou authentification pour les accès à distance, protections contre les accès non autorisés, vérification des mises à jour logicielles avant installation, etc. Des référentiels comme la future norme de type B prEN 50742 sur la sécurité des machines face à la corruption de données pourront servir de guide. En attendant, on peut s’inspirer des principes du futur Cyber Resilience Act. De plus, les composants de sécurité de type logiciel devront être développés en suivant des procédés rigoureux (cycle en V, test, validation) car ils seront évalués lors de la certification au même titre qu’un composant matériel de sécurité.
  • Produits particuliers et marchés de niche : Si vous fabriquez des quasi-machines (machines incomplètes destinées à être intégrées dans une autre), sachez que vos obligations sont maintenues (fournir notice d’assemblage, déclaration d’incorporation, etc.), avec la possibilité désormais de fournir la notice d’assemblage elle aussi en numérique (sous conditions analogues). Si vous développez des lignes de production complètes combinant plusieurs machines, redoublez de vigilance : toute modification substantielle dans l’intégration pourrait vous faire endosser la casquette de fabricant de l’ensemble. Enfin, pour les constructeurs de machines à usage spécifique (prototype unique, machine sur mesure), la nouvelle procédure de vérification à l’unité pourrait simplifier la mise en conformité en offrant une voie adaptée aux pièces uniques – il faudra voir comment les organismes notifiés la proposent en pratique.

En somme, les fabricants doivent anticiper une élévation du niveau d’exigence en matière de sécurité et de conformité. La bonne nouvelle est que le règlement vise à une évolution cohérente plutôt qu’un bouleversement total : une entreprise ayant déjà une culture forte de sécurité machine et qui appliquait scrupuleusement la Directive 2006/42/CE aura surtout des ajustements à faire, mais pas de remise en cause complète de sa démarche. Néanmoins, ces ajustements peuvent être significatifs (ex. nouvelles analyses à conduire, certification externe à planifier, compétences numériques à renforcer). Il est donc recommandé de lancer dès maintenant un audit d’écart entre vos pratiques actuelles et les futures exigences, afin d’établir une feuille de route de mise en conformité d’ici 2027.

Un déploiement inéluctable d’ici 2027 : pourquoi le règlement sera appliqué dans les délais

Certains industriels s’interrogent : ce nouveau règlement entrera-t-il réellement en vigueur en janvier 2027 ? Ne va-t-il pas y avoir des délais supplémentaires ou des retards, compte tenu de l’ampleur des changements ? La réponse est que tout porte à croire que l’échéance sera tenue. Plusieurs éléments factuels le démontrent :

  • Un texte officiellement adopté et en vigueur : Le règlement 2023/1230 n’est plus un projet ni une proposition ; c’est une loi européenne en vigueur depuis juillet 2023. Publié au JOUE et ayant force obligatoire, son application différée au 20 janvier 2027 est déjà actée juridiquement. Son prédécesseur, la directive 2006/42/CE, sera automatiquement abrogé à cette date. Aucune nouvelle décision politique n’est requise pour que le basculement s’opère, ce qui réduit fortement la probabilité de report. D’ailleurs, un rectificatif officiel a été publié dès juillet 2023 pour ajuster certaines dates, preuve de la volonté de clarifier le calendrier sans ambiguïtés. Ce rectificatif a notamment déplacé la date d’application du 14 au 20 janvier 2027, afin sans doute de donner quelques jours additionnels et tomber un jour de semaine plus propice, mais sans remettre en cause le délai global.
  • Un calendrier préparatoire très précis : Comme vu plus haut, le législateur a planifié une mise en œuvre progressive. Certaines dispositions du règlement sont déjà applicables en avance. Par exemple, les articles relatifs aux organismes notifiés sont entrés en vigueur dès le 14 janvier 2024. Cela permet aux pays de désigner et d’accréditer à temps les organismes qui certifieront les machines en 2027. De même, la Commission européenne a rapidement enclenché les actions nécessaires : le mandat de normalisation pour adapter les normes harmonisées a été lancé (en janvier 2025) et accepté par les organismes de normalisation. L’objectif affiché est de publier la liste complète des normes harmonisées pour le nouveau règlement d’ici fin 2026, juste avant l’échéance. Ce genre de planification en amont démontre l’anticipation des autorités pour que tout l’écosystème (fabricants, organismes notifiés, normalisateurs, administrations) soit prêt le moment venu.
  • Engagement des autorités et accompagnement : Les pouvoirs publics et instances européennes multiplient les communications pour inciter les entreprises à se préparer. La Commission européenne travaille déjà à un guide d’application du règlement (similaire au guide bleu de l’ancienne directive) : un groupe de travail dédié a débuté ses réunions dès janvier 2025, avec une publication du guide prévue en 2026. Les autorités nationales, en France par exemple, relaient activement l’information (via des notes de service, webinaires d’information, etc.). Les organismes notifiés potentiels, de leur côté, montent en compétences sur les nouvelles exigences (certains proposent d’ores et déjà des formations ou pré-évaluations selon le règlement). On voit également émerger des offres de formation pour les industriels (par ex. séminaires sur le règlement 2023/1230, formations à la mise à jour normative). Cet écosystème d’accompagnement atteste que tout le monde se projette vers l’échéance de 2027.
  • Volonté de l’Union européenne en matière de sécurité : Le Règlement Machines s’inscrit dans une stratégie plus large de l’UE visant à renforcer la sécurité des produits face aux mutations technologiques. D’autres règlements récents témoignent de cette dynamique (ex : le Règlement (UE) 2023/988 sur la sécurité générale des produits, ou le futur règlement sur l’IA). Ne pas appliquer en temps voulu le Règlement Machines créerait une incohérence vis-à-vis de ces initiatives. Au contraire, l’UE tient à montrer sa détermination à maintenir un haut niveau de sécurité. D’ailleurs, le secteur industriel des machines représente un pan important du marché intérieur, et assurer une transition rapide vers le nouveau cadre est vu comme un gage de compétitivité et de confiance. Le fait que 98 % des entreprises du secteur machines sont des PME (d’après l’évaluation d’impact du législateur) a été pris en compte : le délai jusqu’en 2027 et les mesures d’accompagnement sont calibrés pour leur laisser le temps de s’adapter, pas pour repousser sine die l’échéance.

En synthèse, rien n’indique à ce jour un report du calendrier ; bien au contraire, tout a été fait pour que la machine réglementaire soit opérationnelle en 2027. Les industriels auraient donc tort de parier sur un délai supplémentaire. Il est beaucoup plus sûr de considérer janvier 2027 comme une date butoir ferme, et d’agir en conséquence pour ne pas se retrouver en situation de non-conformité lorsque cette date arrivera.

ASI Industrie : votre partenaire pour une mise en conformité réussie

Face à ces changements majeurs, les entreprises industrielles peuvent trouver le défi complexe : il faut assimiler la nouvelle réglementation, former ses équipes, revoir éventuellement des conceptions, effectuer des démarches administratives supplémentaires… Pour vous accompagner efficacement dans cette transition, ASI Industrie met à votre disposition son expertise éprouvée en sécurité des machines et en ingénierie de la conformité. Notre bureau d’études spécialisé a déjà aidé de nombreux fabricants à se conformer à la Directive 2006/42/CE et aux normes en vigueur, et se tient en veille active sur le nouveau règlement pour anticiper ses exigences.

En quoi pouvons-nous vous aider concrètement ?

Nos services couvrent l’ensemble du processus de mise en conformité, notamment :

  • Audits de conformité et diagnostics : Nous réalisons des audits sur site de vos machines et installations pour évaluer leur niveau de conformité par rapport aux exigences actuelles et futures. Vous recevrez un rapport clair mettant en évidence les écarts (techniques ou documentaires) à corriger pour satisfaire au Règlement 2023/1230 et aux normes applicables. Ces audits peuvent porter sur une machine isolée, une ligne complète ou même votre processus interne de conception. C’est la première étape pour cibler les actions prioritaires.
  • Conseil technique et accompagnement sur mesure : Nos experts vous guident dans la mise en œuvre des solutions de mise en conformité. Par exemple, nous pouvons aider vos équipes à intégrer les nouvelles exigences de sécurité (verrouillages, dispositifs liés à la cybersécurité, modifications de circuits de commande, etc.), à choisir et appliquer les normes harmonisées pertinentes, ou encore à préparer le dossier technique selon les nouvelles attentes (y compris la partie logiciel/IA). Nous vous conseillons également sur la stratégie de certification : identification d’un organisme notifié adapté à votre produit, préparation aux évaluations (examen UE de type…), etc. Notre accompagnement est pragmatique et adapté à vos ressources, afin de trouver la solution la plus efficiente pour atteindre la conformité sans bouleversement inutile.
  • Formations et sensibilisation : La compréhension des règles par vos collaborateurs est la clé d’un changement réussi. ASI Industrie propose des formations ciblées sur le nouveau Règlement Machines et la gestion des risques. Que ce soit pour vos concepteurs, vos techniciens qualité ou votre service documentation, nous élaborons des sessions pédagogiques (d’une demi-journée à plusieurs jours) pour les former aux nouveautés réglementaires et normatives, aux méthodes d’analyse de risques selon ISO 12100, ou encore aux bonnes pratiques de rédaction des notices conformes. Par exemple, notre module de formation « Transition Directive → Règlement Machines » détaille point par point ce qui change et comment s’y conformer concrètement. Former vos équipes dès maintenant, c’est garantir qu’elles appliqueront spontanément les bons réflexes dans les projets en cours, sans attendre 2027.
  • Veille réglementaire et normalisation : Le paysage réglementaire évolue en permanence. Nous assurons pour nos clients une veille proactive sur les textes officiels et les normes. Vous serez tenus informés des publications ou mises à jour importantes : par exemple, la sortie de la nouvelle norme ISO 12100, la parution du guide d’application européen, ou encore l’ajout de spécifications techniques par la Commission. Cette veille vous garantit de ne manquer aucune échéance ni nouvelle obligation. Nous pouvons également vous assister dans la gestion de la conformité de vos machines à l’export hors UE (car le Règlement Machines influencera possiblement d’autres régions du monde, et il faudra concilier les différentes exigences).

En choisissant ASI Industrie comme partenaire, vous bénéficiez d’un accompagnement complet qui va au-delà du simple conseil. Notre approche est de travailler main dans la main avec vos équipes, de transférer notre savoir-faire et de faire monter en compétence vos collaborateurs sur ces sujets complexes. Nous comprenons les réalités industrielles : nos experts ont une solide expérience de terrain, savent allier sécurité et productivité, et veillent à proposer des solutions pragmatiques et proportionnées (par exemple, nous cherchons à optimiser la conformité sans surcoûts excessifs, en exploitant au mieux les tolérances du cadre réglementaire).

En conclusion, le Règlement (UE) 2023/1230 sur les machines et la révision de la norme ISO 12100 marquent une évolution incontournable pour les fabricants d’équipements industriels. Il s’agit d’une opportunité d’améliorer encore la sécurité des machines, d’intégrer les technologies innovantes de façon maîtrisée, et de gagner la confiance de vos clients sur la conformité de vos produits. La date du 20 janvier 2027 peut sembler lointaine, mais le travail à accomplir est conséquent et nécessite une anticipation dès maintenant. Grâce à un partenaire comme ASI Industrie, vous pouvez aborder cette transition en toute sérénité : nous vous aiderons à décoder la nouvelle réglementation, à mettre en place les actions nécessaires dans les temps, et à faire en sorte qu’au matin du 20 janvier 2027, vos machines arborent le marquage CE conforme au nouveau règlement sans le moindre doute quant à leur conformité.

N’hésitez pas à nous contacter dès aujourd’hui pour planifier un audit ou une formation : il n’est jamais trop tôt pour sécuriser l’avenir réglementaire de vos produits et garder une longueur d’avance.

A propos de la société

ASI, fort de 27ans d’expérience dans des domaines aussi variés que l’industrialisation, les méthodes, la qualité et la sécurité, développe des « solutions sur mesure » qui s’ajustent au mieux aux impératifs de sécurité, processus industriels en optimisant le rapport « coût/performance »

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